On a rapidement constaté que les six rats n'avait pas cherché leur nourriture en nageant de concert. Des rôles sont apparus qu'ils s'étaient ainsi répartis : deux nageurs exploités, de non-nageurs exploiteurs, un nageur autonome et un non-nageur souffre douleur. Les deux exploités allaient chercher la nourriture en nageant sous l'eau. Lorsqu'il revenait à la cage, les deux explorateurs les frappaient et leur enfonçaient la tête sous l'eau jusqu'à ce qu'ils lâchent leur magot. Ce n'est qu'après avoir nourri les deux exploiteurs que les deux exploités soumis pouvaient se permettre de consommer leurs propres croquettes. Les exploiteurs ne nageaient jamais, ils se contentaient de battre les nageurs pour être nourri.
L'autonome était un nageur assez robuste pour ne pas céder aux exploiteurs. Le souffre douleur, enfin, était incapable de nager et incapable d'effrayer les nageurs, alors il ramassait les miettes tombées lors des combats.
La même structure - deux exploiteurs, deux exploiteurs, un autonome et un souffre douleur - se retrouva dans les vingt cages ou l'expérience fut reconduite.
Pour mieux comprendre ce mécanisme de hiérarchie, il plaça six exploiteurs ensemble. Ils se bâtirent toute la nuit. Au matin, deux d'entre eux étaient de corvée, l'un nageait seul, un autre subissait tout. On a procédé de même avec des rats au comportement d'exploités soumis. Le lendemain à l'aube, deux d'entre eux jouaient les pachas.
Mais là où l'expérience donne vraiment à réfléchir, c'est que lorsqu'on ouvrit les crânes des rats pour étudier leur cerveau, on s'aperçut que les plus stressés étaient les exploiteurs. Ils avaient sûrement eu peur de ne plus être obéis par les exploités.
