Elle dure quinze à vingt minutes, s'interrompt pour revenir plus longuement une heure et demie plus tard.
Pourquoi a-t-on appelé ainsi cette plage de sommeil ? Parce qu'il est paradoxal de se livrer à une activité nerveuse intense au moment même de son sommeil le plus profond.
Si les nuits des bébés sont souvent très agitées, c'est parce qu'elles sont traversées par ce sommeil paradoxal (proportions: un tiers de sommeil normal, un tiers de sommeil léger, un tiers de sommeil paradoxal).
Durant cette phase de leur somme, les bébés présentent souvent des mimiques étranges qui leur font prendre des mines d'adultes, voire de vieillards. Sur leur physionomie se peignent tour à tour la colère, la joie, la tristesse, la peur, la surprise alors qu'ils n'ont sans doute jamais encore connu de telles émotions. On dirait qu'ils révisent les expressions qu'ils afficheront plus tard.
Ensuite, au cours de la vie adulte, les phases de sommeil paradoxal se réduisent avec l'âge pour ne plus constituer qu'un dixième, sinon un vingtième de la totalité du temps de sommeil. L'expérience est vécue comme un plaisir et peut provoquer des érections chez les hommes.
Il semblerait que, chaque nuit, nous ayons un message à recevoir. Une expérience a été réalisée : un adulte a été réveillé au beau milieu de son sommeil paradoxal et prié de raconter à quoi il était en train de rêver à ce moment. On l'a ensuite laissé se rendormir pour le secouer de nouveau à la phase de sommeil paradoxal suivante. On a constaté ainsi que, même si l'histoire des deux rêves était différente, ils n'en présentaient pas moins un noyau commun. Tout se passe comme si le rêve interrompu reprenait d'une manière différente pour faire passer le même message.
Récemment, des chercheurs ont émis une idée nouvelle. Le rêve serait un moyen d'oublier les pressions sociales. En rêvant, nous désapprenons ce que nous avons été contraints d'apprendre dans la journée et qui heurte nos convictions profondes. Tous les conditionnements imposés de l'extérieur s'effacent. Tant que les gens rêvent, impossible de les manipuler complètement. Le rêve est un frein naturel au totalitarisme.

